mardi 10 avril 2018

Le couple d’à côté, Shari Lapena

Anne et Marco sont invités à dîner chez leurs voisins. Au dernier moment, la baby-sitter leur fait faux bond. Qu'à cela ne tienne : ils emportent avec eux le babyphone et passeront toutes les demi-heures surveiller le bébé. La soirée s'étire. La dernière fois qu'ils sont allés la voir, Cora dormait à poings fermés. Mais de retour tard dans la nuit, l'impensable s'est produit : le berceau est vide." Pour la première fois, ce couple apparemment sans histoire voit débarquer la police chez lui. Or, la police ne s'arrête pas aux apparences... Qu'est-ce que l'enquête va bien pouvoir mettre à jour ?


Après avoir lu quelques bonnes critiques, il me tardait de lire ce roman dont on disait grand bien. Donc dès réception, j’ai mis de côté ce que j’étais en train de lire pour me consacrer entièrement à ce thriller mais je ne vous cacherai pas qu’au bout du compte, cette lecture ne m’a pas vraiment emballée. Pourtant, dès les premières pages, l’histoire semblait prometteuse mais plus je tournais les pages moins mon intérêt grandissait, bien au contraire. 

Le suspense est tombé à plat trop tôt car la fin de l’histoire se devine assez facilement et j’avoue que lorsque l’effet de surprise n’est plus au rendez-vous dans une lecture, je perds vraiment plaisir à poursuivre celle-ci. Finalement j’ai tenu bon en me disant que si ce roman connaissait un tel succès, il devait y avoir une raison et j’avoue que je suis têtue, je voulais savoir et j’ai su!! Longueurs et  répétitions, des personnages qui m'ont laissée indifférente puis cette sensation de déjà lu qui ne m'a pas quittée jusqu'au point final; oui ça m'a déçue.
Je m’attendais à plus mais j’admets que ce roman n’est pas une catastrophe; que si vous recherchez une lecture qui ne vous casse pas trop les méninges, disons une lecture de vacances par exemple, bien ce roman vous divertira.

Au final, comme écrit en introduction de ce court billet, j’avais hâte de le découvrir ce bouquin. Peut-être trop hâte en fait et le résultat est que l’auteure n’a pas réussi à gagner mon intérêt; je ne suis jamais entrée dans l’histoire. Dommage.

Le couple d'à côté. Shari Lapena
Presses de la Cité, 2017

mercredi 4 avril 2018

Polatouches, Marie-Christine Bernard


« — Un polatouche, souffla-t-il.
— Un quoi ?
— Un écureuil volant… C'est rare qu'on en voie… ils ont peur de tout. C'est tranquille vrai par ici pour qu'ils se tiennent proches des maisons comme ça. Viens, faut pas lui faire peur. Il est chez lui, ici. »
Réfugiée dans le chalet de ses parents, Stéphanie réfléchit à son couple et à une éventuelle sortie du placard. Sa compagne, Josée, élevée par des Blancs et refusant ses origines cries, est prête à se marier et à fonder une famille. Elle, surtout pas. Avec son meilleur ami, Claude, elle observe les animaux aux alentours et fait connaissance avec ses voisins, accueillants mais de plus en plus bizarres. Elle ne répondra à cette question qui la ronge : Qui es-tu ?, qu'au moment où tomberont les masques.

Depuis ma première lecture de la plume de Marie-Christine Bernard, jamais je n’ai été déçue alors laissez-moi vous dire que ce ''petit dernier'' je l’attendais depuis un bout.  Une fois de plus l’auteure a réussi le pari car je suis encore sous le charme de cette histoire mêlant quête identitaire, amour, amitié et monstres légendaires au réalisme frappant. Un roman dont les personnages principaux, aux origines et caractères différents, ont plusieurs points en commun parmi lesquels l’acceptation de soi.

Il y a Stéphanie et Josée. Leur couple bat de l’aile depuis quelques temps car Josée, désireuse de fonder une famille, se butte au refus de Stéphanie qui ne veut pas dévoiler leur union à ses proches comme à ses collègues de peur d’être rejetée. Puis il y a Claude, le fidèle ami de Stéphanie, qui devra démontrer de la patience face à la jalousie de Josée et tout autant envers le scepticisme de celle-ci concernant ses liens de sang.
''Ah ouais, Cœur de Tonnerre cherche ses racines. C’est dans tes livres, pis dans ta tête, tout ça, Claude. […] As-tu un numéro de bande, toi? Moi, oui. J’en ai un, pis j’suis pas plus indienne que toi.'' 

Dans Polatouches il est beaucoup question de choix, d’héritage culturel et d’introspection. L’intrigue y est fort bien menée et devient de plus en plus intense par le climat d’horreur que Marie-Christine Bernard a habilement introduit au fil de l’histoire. Bref, un récit touchant, passionnant et angoissant à la fois.

J’ai aimé que l’auteure mette en avant autant la différence, les préjugés, la difficulté de s’assumer que l’amitié, l’amour et le courage. J’ai aussi bien apprécié les rapprochements qui se sont créés entre certains protagonistes.

Au final, mon attente du dernier roman de Marie-Christine Bernard n’a pas été vaine et je ressors de cette lecture vraiment comblée.

Polatouches, Marie-Christine Bernard
Stanké éditions, 2018

Autres romans de l'auteure sur le blogue : 
Autoportrait au revolver Matisiwin - Mademoiselle Personne - Monsieur Julot - Sombre peuple

vendredi 30 mars 2018

Au revoir Bandit

Photo: @ J.Pelletier /SueF 2017

Il y a quelques heures mon Bandit d'amour, mon compagnon de lectures à quatre pattes a quitté pour le paradis des minous.
Tu m'as offert près de 17 ans de bonheur, de caresses, d'amour, de tendresse et de réconfort. Je ne t'oublierai jamais.  Bon voyage et surtout, repose-toi, tu l'as bien mérité.

mardi 27 mars 2018

Quelques billets à venir



Billets de lectures à venir:
Polatouches,  Marie-Christine Bernard
La ville allumette, Maureen Martineau
Poudreries, Éloïse Simoncelli-Bourque
Le couple d’à côté, Shari Lapena
Ici,ailleurs, Matthieu Simard
Une histoire des abeilles, Maja Lunde
Et un bon nombre encore mais je vous épargne les titres ce serait trop long.
Je vais tenter de combler mon retard, du moins je l'espère fort.
Discipline, discipline. 

mardi 13 mars 2018

Winter, Rick Bass

Winter est le récit de l’installation de Rick Bass et de sa femme dans un coin reculé du Montana en plein hiver. Pas d’électricité, pas de téléphone, juste un saloon à une demi-heure de route. Mais une vallée comme au début du monde, une nature splendide et cruelle. Par moins trente-neuf degrés, le rêve se fait parfois souffrance. Dans une prose lumineuse, le défenseur de l’environnement Rick Bass redécouvre, au terme d’un progressif dépouillement, l’essentiel.

Mon avis
J’aime bien lire les romans dits de ''Nature Writing'' et lorsque Winter de Rick Bass fût proposé pour la lecture commune du Café La Jasette, je n’ai pas hésité à m’y inscrire.

J’ai passé un agréable moment de lecture au fil des pages de ce récit car l’auteur en a fait un écrit de confidences. Mais attention ce n’est pas vraiment un récit intime mais plutôt comme une sorte de journal de bord dans lequel l’auteur nous raconte, en toute simplicité, leur aventure, leurs découvertes, leur dépaysement, leurs plaisirs communs à sa compagne et lui mais aussi les déceptions parfois très fortes à vivre isolé.e.s, en pleine nature, sans eau ni électricité par exemple. Pas facile et il faut vraiment aimer et désirer apprendre à vivre en pleine nature. Ce premier hiver dans le bois, pour ce couple du Sud des États-Unis, va leur apporter une expérience incroyable et un apprentissage parfois difficile à vouloir s’isoler en pleine nature.
Rick et Elisabeth devront tout apprendre. Comment se nourrir, se chauffer, chasser, pêcher, bref, apprivoiser vraiment la nature et son habitat parfois hostile.

Comme écrit plus haut cette lecture m’a plu et les descriptions de la nature, de leur proximité auprès d’animaux sauvages, de la froidure et de la solitude tant désirée sont vraiment venues me chercher.

Extrait
Cette vallée fourmille de mystère, de beauté, de secrets - et pourtant elle ne livre aucune réponse. Quelquefois, je crois que cet endroit - si haut dans les montagnes, au milieu de bois si touffus - est une sorte de marche menant au ciel, le dernier endroit par où l'on passe avant d'y arriver pour de bon.

Par contre quelques longueurs comme les passages se rapportant à sa tronçonneuse m’ont ennuyée. Il en coupe du bois le monsieur et on l’apprend sur plusieurs pages!! Un peu trop selon moi mais bon, outre ce petit bémol, je veux lire à nouveau Rick Bass car j’ai tout de même bien aimé parcourir son récit sur leur séjour hivernal, loin du monde moderne, à vivre et se concentrer sur l’essentiel.

Winter, Rick Bass
Gallimard/Folio. 1998

mercredi 21 février 2018

Le sentier des bêtes, Marie-Ève Bourassa


Je ne sais pas ce que ça vous fait vous mais personnellement, lorsque je quitte une lecture en sachant que je ne reverrai plus jamais un personnage auquel je me suis attaché; bien ça m’attriste beaucoup, beaucoup.

En effet, ce sacré Eugène va me manquer malgré son caractère bourru, sa toxicomanie, son alcoolisme et son petit côté ripou. Mais Eugène, ''Gène'' pour les intimes, n’est pas foncièrement méchant, bien au contraire, c’est un sentimental au cœur grand comme ça surtout pour ses proches et ses fidèles ami.e.s. Et dans cette ultime mésaventure, il nous le prouve très bien en reprenant son rôle de détective privé afin de venir en aide à Herb Parker, son ami et partenaire dans leur petit commerce de contrebande d’alcool. Herb est soupçonné du meurtre de la belle Carole Morgan nouvellement élue Miss Montréal et Eugène ne croit aucunement son ami responsable de cet assassinat. Alors, il se met à fouiner ici et là entre quartier malfamé, repaires de malfrats et chics cabarets afin d’éclaircir cette sombre histoire.

C’est une très belle finale dans le monde d’un personnage inoubliable que nous offre Marie-Ève Bourassa. Une trilogie débutant à l’aube du 20e siècle jusqu’aux années trente dans un Montréal s’ouvrant aux vices, à la prostitution, au trafic de drogue, contrebande d’alcool et jeux clandestins. Une ville où le crime organisé règne en roi et maître profitant de la misère d’une grande majorité de montréalais cherchant richesse dans des tripots de jeux où ils viennent parier leurs maigres payes en espérant faire fructifier celles-ci. De plus, on a droit aussi à ce Montréal de jazz, de danseuses, de clubs rivalisant entre eux, à qui donnerait le plus beau show afin que coule à flot l’argent des gangsters, de flics corrompus ou celui de la haute société. Un joli mélange dans lequel Eugène Duchamp va devoir se glisser pour résoudre son ''enquête'' mais aussi ostraciser ses vieux démons. Ceux qui le hantent encore depuis plus de trente ans.

Oui je me suis attachée à cet homme, cet antihéros malmené par la vie, la guerre, ses amours et son trop plein d’émotions qu’il cache en lui comme de terribles secrets qu’il ne veut aucunement dévoiler. Un être introverti, paumé, marginal se jetant dans la drogue et l’alcool afin d’amoindrir le mal physique qui le ronge mais aussi pour oublier ce monde crasse qui l’entoure et qui le mène depuis trop longtemps sur le sentier des bêtes.

Puis que dire de l’écriture de Marie-Ève Bourassa! Dans les deux premiers tomes elle nous avait déjà démontré son talent par une belle maîtrise des premières intrigues en leur donnant un ton et une texture propres et en y insérant une atmosphère s’alourdissant au fil des pages. Avec Le sentier des bêtes, l’ambiance sombre se caractérise encore plus. La folie et la décadence des années trente d’une ville prise entre misère et gangstérisme, on les ressent tout simplement parce que l’auteure en parle fort bien. Elle sait tout autant rendre les lieux vivants comme s’ils étaient des personnages à part entière. Avec ce dernier volet, Marie-Ève Bourassa a su parfaitement boucler la boucle sur cette intéressante plongée dans le Red Light montréalais.
J'ai refermé Le sentier des bêtes avec une boule dans la gorge. L'univers d’Eugène Duchamp m'a fortement captivée et je vais m’en ennuyer pas à peu près.

Le sentier des bêtes, Red Light T3 
Marie-Ève Bourassa
VLB éditions, , 2018

Autres romans de l'auteure sur ce blogue:
Série Red Light: T1: Adieu Mignonne - T.2: Frères d'infortune
                                                    

dimanche 11 février 2018

Il était une voix, Marie Gray

Après plus de trente ans d’une carrière durant laquelle elle n’a fait qu’effleurer une certaine gloire, Annie Stone envisage de se retirer du monde du spectacle. Tant de sacrifices et d’années consacrées à la musique, pour aboutir là, chanteuse vedette du Castel, un bar quelconque du Vieux-Montréal! 
Un soir, Jade Dupuis, une ambitieuse et jolie jeune femme, se présente sur scène lors d’une soirée spéciale au Castel. Comment ose-t-elle lui voler sa chanson, sa scène et ce qui lui reste de fierté? Le talent et la fougue de la jeune interprète n’ont d’égal que la jalousie et la nostalgie qu’éprouve Annie. 
La rockeuse saisit alors une occasion en or, l’ultime tentative de revenir sous les projecteurs: elle s’inscrit aux auditions pour participer à un concours télévisé d’envergure. Sans savoir que Jade caresse la même ambition…

Entre les deux chanteuses se tisse une relation amère et mordante: l’impétuosité de la jeunesse rencontre la force de la maturité. Jade et Annie entraîneront leurs proches dans un duel musical corsé ô combien humain.

Mon avis
Ça m’a pris un certain temps à venir vous jaser de ce roman non qu’il n’en vaille la peine mais le temps, tout simplement le temps qui m’a joué de vilains tours. Je ne m’étalerai pas en grandes explications car ce serait ajouter à cette période déjà assez longue pour venir enfin vous parler de Il était une voix.

Dès cet instant je ne vous cacherai pas que j’ai quitté cette lecture avec nostalgie parce qu’au fil de l’histoire plusieurs souvenirs personnels me sont revenus à l’esprit. Cette histoire dont l’action se passe dans les coulisses du monde musical m’a touchée et fait revivre de bons et moins bons moments vécus en tant que musicienne/chanteuse dans les bars de notre belle province.

J'ai tout de suite accrochée aux ''aventures'' musicales d'Annie et Jade au travers leurs drames, leurs peines, leurs joies, leurs petits et grands bonheurs.  Le milieu de la musique, peu importe le niveau, n’est pas un milieu de tout repos. Que l’on chante dans les bars en restant quelque peu anonyme ou désirant devenir ''vedette'', le succès ne repose pas que sur le talent mais aussi et surtout à force de travail, de volonté et détermination.

Ce roman à deux voix nous transporte non seulement aux côtés de deux femmes ambitieuses mais aussi derrière l’arrière scène de cette industrie qui peut être vraiment cruelle envers ceux et celles qui partagent cette passion commune.

Marie Gray nous offre une histoire où l’art de la scène prend beaucoup de place. L’univers qu’elle décrit au long des parcours personnels des deux protagonistes est fort crédible, énigmatique et divertissant à la fois. Elle sait parfaitement de quoi il en retourne dans ce monde où les rivalités sont légions et où le succès plus souvent qu’autrement est éphémère.

L'écriture est alerte et belle. De plus, j’ai bien aimé le choix de la double narration. C’est efficace et ajoute  à l’intérêt d’en apprendre encore plus sur ces deux héroïnes très différentes l’une de l’autre, mais tellement proches au fil de leurs épreuves et de leurs émotions.

Il était une voix  est un roman qui se lit bien et le sujet est parfaitement bien développé. C’est une histoire écrite avec talent où la fiction rejoint la réalité.  J’ai passé un très bon moment de lecture au fil des pages de ce roman et je n’hésiterai pas à découvrir les autres écrits de l’auteure.

Il était une voix, Marie Gray
Guy Saint-Jean, Éditeur, 2017