lundi 23 janvier 2017

Nous allons mourir ce soir, Gillian Flynn

Mon avis
J’attendais avec impatience cet autre écrit de Gillian Flynn mais je ne vous cacherai pas que dès réception, j’ai été vraiment surprise de constater que ce roman n’était en fait qu’une nouvelle d’à peine soixante pages!!!  Bon aimant bien lire des recueils de nouvelles, je n’allais tout de même pas m’offusquer de ce fait et le soir même je me suis attaquée à sa lecture. Commence alors un périple entre une histoire glauque, une nouvelle fantastique et  quelques brins d’humour pour alléger quelque peu le propos pas tout à fait net de ce petit récit.

Semblable à ce que j’ai lu de l’auteure, (Lieux sombres et Sur ma peau), le personnage principal est un être malmené par la vie, enfance malheureuse, élevée dans la misère par une mère qui lui a vite appris le métier du sexe. Mais suite à des petits problèmes, notre narratrice va devoir se recycler dans un autre métier et elle va s’improviser clairvoyante, tireuse de bonnes aventures et médium spécialisé dans le nettoyage de lieux hantés.  Lors d’une consultation, notre héroïne va se retrouver devant Suzan Burke, jeune dame totalement apeurée et perturbée qui va lui raconter que sa famille et elle vivent une situation autant angoissante que dramatique depuis qu’ils habitent un vieux manoir dans lequel l’atmosphère tendue devient de plus en plus étouffante jour après jour et qu’elle aimerait bien l’engager afin qu’elle ‘’nettoie’’  leur demeure. Notre héroïne accepte sans pour autant se douter de ce qui l’attend vraiment entre les murs de ce vieux manoir.  

Bon je pourrais en écrire plus long mais je m’arrête là car résumer un texte de peu de pages sans trop en dévoiler de sa teneur serait un exercice trop ardu. Par contre, je me permets d’ajouter qu’avec Nous allons mourir ce soir,  Gillian Flynn nous offre une fois de plus la preuve de son talent d’écrivaine. Croyez-moi, écrire un récit à la fois noir, fantastique, mystérieux avec des moments humoristiques et ce en à peine soixante pages bien faut le faire. De plus l’auteure maîtrise bien l’intrigue en menant son lectorat là où elle le désire.

Oui j’ai aimé cette petite nouvelle mais j’avoue que j’ai été déçue de ce trop court texte. La finale est bien mais je suis restée sur ma faim car vraiment; j’en aurais pris encore et encore de cette lecture.

Nous allons mourir ce soir, Gillian Flynn
Sonatine, 2016

Autre roman de l'auteure sur ce blogue: 
Les lieux sombres

lundi 16 janvier 2017

Quelques nouveautés dans ma PÀL


 Sonatine
On dit grand bien de cette courte nouvelle de l'auteure Je vais en juger très bientôt.


Plon
Un roman kaléidoscopique qui retrace la vie d'un certain New York, de l'anarchie des années sida aux hipsters de demain. Dès que je termine quelques autres lectures, je m'y mets...



Éditions Jourdan 
Je me suis toujours intéressée à la politique américaine notamment aux présidents et leurs petits secrets. je crois  que je vais être servie avec ce document.


Philip Rey
Je l'attendais celui-là car je veux tout lire de cette grande auteure.


 Monsieur Toussaint Louverture
Un livre jeunesse avec des animaux comme héros, je sais déjà que ça va me plaire.


dimanche 15 janvier 2017

Même les pêcheurs ont le mal de mer, Diane Peylin

Résumé :
C'est une petite île de sable et de volcans, aux couleurs méditerranéennes. Là, trois hommes d'une même famille, trois pêcheurs, doivent affronter le passé, les regrets, le silence.
Il y a Valente Orozco, le père, sauvage et taciturne, qui n'a jamais pu surmonter la mort de sa femme Rocio. Il y a Rafa, le grand-père, ce géant au regard d'acier, inflexible avec Valente, et qui, inexplicablement, s'est métamorphosé un beau matin pour ne plus jamais cesser de sourire. Et puis il y a Salvi, le fils, qui a quitté l'île pour le continent, fuyant un destin tout tracé.  […] Voici, tissées délicatement, les trajectoires émouvantes de trois fils en quête d'un père.

Mon avis
Quel magnifique voyage que je viens de faire aux côtés de Salvi, Valente et Rafa, trois hommes de même famille qui nous racontent, tour à tour, leur histoire, leurs souffrances, leurs non-dits.   Trois êtres : père, fils, grand-père, trois générations d’hommes fiers, orgueilleux, qui ont en commun un mal de vivre en chacun d’eux qui les ronge et accable mais qu’ils doivent taire tout simplement parce que les regrets s’enfouissent, les peines s’endurent et les secrets s’enferment profondément comme ils l’ont appris de leur père et transmis au fils. C’est comme ça un point c’est tout.

Mais pas qu’un beau voyage malheureusement car cette histoire est aussi triste et émouvante que belle.  Tour à tour Salvi, Valente et Raja nous racontent en leurs mots leurs émotions longtemps enfouies parce que chez les Orozco on ne parle pas, on pêche. Alors les mots d’amour, de compassion, de fierté, d’un petit geste pour l’un ou l’autre, pour et par un père, un frère, un fils, ça n’existe pas.  Même les désaccords et la colère sont tus!

« Mon père ne m’a jamais donné de coup, pourtant, plus d’une fois il m’a mis à terre. »

Et c’est ainsi jour après jour, les heures se suivent et se ressemblent et ce peu importe pour qui et avec qui. On doit oublier les rêves d’une autre vie désirée. Triste constat transmis de génération en génération tout ça par habitude.

Par contre Même les pêcheurs ont le mal de mer n’est pas que mélancolie et peine. L’histoire menée par une écriture belle, poétique et sensible à la fois,  glisse doucement pour nous offrir aussi la beauté d’un lieu de mer, l’espoir d’aller plus loin que le destin déjà tracé par autre que soi et des petits cadeaux de la vie comme ce doux passage par exemple :

Les jumelles, Alba et Raymonde,  avaient chacune une pile de livres que j’auscultais comme des pièces de musée, ce devait être les seuls livres de l’île, elles ne les sortaient jamais de la cabane. À l’abri dans leur sanctuaire, elles les lisaient et les relisaient, mais jamais elles ne les prenaient avec elles jusqu’à la plage pour en lire quelques pages sur le sable ou au troquet du port pour savourer deux ou trois lignes entre une soucoupe de poulpes et un verre de malvoisie. Parfois, elles me laissaient approcher leur trésor mais sous haute surveillance seulement. Une sur chaque lit, moi planté au milieu, elles me permettaient de caresser les couvertures et de renifler le papier. 

Des mots justes, tout en douceur même si certains viennent nous chercher les souvenirs ancrés au plus profond de nous. Décidément Diane Peylin sait raconter;  autant les sentiments que la beauté des images :

Je revois mon village. Les barques languissant à marée basse, les bateaux de pêche rouges, verts et bleus agrippés au quai […] les lignes sablonneuses longeant les cubes blancs aux volets bleus, les cactus à la place des fleurs, l’église encore plus blanche que les autres bâtisses, les seiches suspendues aux cordes à linge, les bancs avec les vieux et leurs chapeaux de palme, la jetée derrière les pontons, le pélican qui faisait les cent pas sur la plage, l’olivier face au figuier dans notre cœur. 

Finalement, malgré les secrets trop longtemps tus, malgré leurs lourdes conséquences, cette histoire est belle, très belle et sa lecture va me rester en mémoire longtemps.

Même les pêcheurs ont le mal de mer, Diane Peylin
Les Escales, 2016


Merci aux éditions Les Escales et à Martine Côté dInterforum

jeudi 12 janvier 2017

Sans terre, Marie-Ève Sévigny


Mon avis
Que voici un bon polar à saveur écologique et politique à la fois dont l’action se situe au Québec, dans un futur pas si loin de nous mais dont le sujet est terriblement d’actualité et fort crédible. En effet, l’auteure s'est inspirée de faits qui ont commencé à se produire ici et dans le monde avec l’implantation de pipeline, de déversements pétroliers, de magouilles politiques tout ça sous l’œil extrêmement complaisant et corrompu des instances gouvernementales.

L’histoire de Sans Terre démarre en trombe sur un acte de ''terrorisme'' écologique perpétré par Gabrielle Rochefort, activiste à la personnalité forte qui n’a jamais hésité à prendre des risques afin que son message soit entendu. Après quelques années de prison dues à cette action illégale, Gabrielle sera libérée et va tout de même reprendre là où ses actions furent involontairement interrompues. Cependant, un événement tragique va survenir, une enquête sera de mise et tout ce branle-bas de combat va ajouter, quasiment jusqu’à l’excès, au militantisme de Gabrielle.

Une sacrée bonne femme que cette Gabrielle mais je m’en voudrais de ne pas vous parler de son ami, ex-amant, policier à la retraite et dénommé Chef par la majorité de son entourage. Cet ancien lieutenant de la SQ, toujours amoureux de Gabrielle, va tenter de découvrir le pot aux roses en menant sa propre enquête tout ça avec l’aval de son ancienne collègue Valérie Fortuné.

C’est une histoire bien ficelée que nous offre Marie-Ève Sévigny. D’une écriture fluide et solide à la fois, l’auteure nous plonge avec efficacité dans une fiction très proche de la réalité. Une histoire de corruption, de pollution, de magouilles, une enquête policière menée en toute subtilité, des personnages attachants malgré leurs défauts, bref un polar écologique très bien écrit et fort intéressant. À lire.

Sans terre, Marie-Ève Sévigny
Héliotrope, 2016

Autre écrit de l'auteure sur ce blogue:
 Intimité et autres objets fragiles

dimanche 8 janvier 2017

Délivrances, Toni Morrison

Résumé :
Dans son onzième roman, qui se déroule à l'époque actuelle, Toni Morrison décrit sans concession des personnages longtemps prisonniers de leurs souvenirs et de leurs traumatismes.
Au centre du récit, une jeune femme qui se fait appeler Bride. La noirceur de sa peau lui confère une beauté hors norme. Au fil des ans et des rencontres, elle connaît doutes, succès et atermoiements. Mais une fois délivrée du mensonge - à autrui ou à elle-même - et du fardeau de l'humiliation, elle saura, comme les autres, se reconstruire et envisager l'avenir avec sérénité.

Mon avis
Délivrances est un roman dans lequel l’auteure nous plonge en pleine quête d’identité d’un être qui ne l’a pas toujours eu facile et qui en a enduré dès sa petite enfance. Une fillette, rejetée par sa mère et jamais reconnue par son père tout simplement parce qu’elle avait la peau trop noire!  Une enfance difficile que va connaître la jeune Lula Ann et celle-ci fera tout pour attirer l’attention de sa mère même au point d’inventer un terrible mensonge qui la rongera une bonne partie de sa vie.

Délivrances c’est l’histoire de cette jeune Lula Ann, qui, à force de détermination et de volonté va devenir Bride, jeune femme de carrière à la beauté sculpturale et ce en dépit des rejets, préjugés et ce lourd secret qui l’habite.
Ce roman, bien que portant sa part de souffrances, n’est pas pour autant sombre et négatif car, au fil du parcours de Bride, l’espoir et le désir de se libérer d’avant tout en découvrant qui elle est vraiment prennent une bonne place dans le récit.

Après avoir beaucoup aimé Home de dame Morrison, j’étais impatiente de me plonger dans un autre de ses écrits et bien que Délivrances m’ait procuré quelques beaux moments, je dois admettre que j'ai été moins emballée par sa lecture que par celle de ma première rencontre avec la plume de l’auteure. Par contre, je n’abandonne pas mon désir de lire autres titres de Toni Morrison et ce n’est pas une petite déception qui va m’en empêcher.

Délivrances, Toni Morrison
Éditions 10/18, 2016

Merci aux Éditions 10/18  et à Interforum pour l'envoi.

Autre roman de l’auteure sur le blogue :
Home

mardi 3 janvier 2017

La Reine de l’Idaho, Thomas Savage

(Lu il y a un bout)

Écrit fictif mais tiré des souvenirs de l’auteur, La Reine de l’Idaho est un très beau portrait de famille narré par un Tom Burton nous racontant les siens dont l’histoire s’échelonne sur plusieurs générations.  Suite à une lettre écrite par une inconnue et dans laquelle celle-ci prétend être sa sœur, Tom s’oblige, en quelque sorte, à une quête personnelle afin de découvrir qui est vraiment sa famille et combien de secrets peu reluisants furent cachés.

Au fil de ses recherches, le parcours des Sweringen va nous être dévoilé, particulièrement sous le côté matriarcal de la famille. Sous le regard de Tom on fait la rencontre, entre autre, de sa grand-mère Emma, cheffe de clan, une dame connue pour son caractère intraitable, dirigeant d’une main de maître le domaine familial et menant celui-ci vers une prospérité toujours grandissante.  Autour de cette fascinante mais autoritaire femme, gravitent des personnages tout autant intéressants dont la belle mais malheureuse Elizabeth, mère de Tom, le grand-père de l’écrivain, tantes et Amy, l’enfant abandonnée, à la recherche de ses origines et par qui et pour qui tout va être dévoilé.

Mais cette fresque familiale n’est pas que l’histoire d’une dynastie sur cinq générations; c'est aussi celle d’une Amérique avec ses vastes terres, ses indiens, ses cow-boys, ses défricheurs, ses chercheurs d’or, ses ranchers et éleveurs de moutons.  Bref, l’auteur nous offre un véritable voyage dans le temps, passant d’une époque à une autre sans que l’on s’y perde. De plus, l’écriture de Savage est belle et fluide à la fois et on sent parfaitement bien le respect et l’amour pour les siens, pour cette terre d’Amérique, pour ces gens qui la peuplent et cette nature qui l’enrichie si bien.

Ayant eu un gros coup de cœur pour Le pouvoir du chien du même auteur, j’avoue que j’appréhendais quelque peu cet autre écrit de Savage mais j’ai eu crainte pour rien car La Reine de l’Idaho ne m’a vraiment pas déçue et je n'hésite aucunement à vous en recommander la lecture. Un très, très beau roman.

hatcreekranch.ca

La Reine de l’Idaho, Thomas Savage
Belfond, 2003
Aussi en édition poche 10/18, 2005

Autre roman de l'auteur sur ce blogue: Le pouvoir du chien

samedi 31 décembre 2016

Bilan? Non pas vraiment!


Voilà 2016 nous quitte. Enfin certains/certaines diront et j'avoue que j'en suis mais n'en parlons plus, c'est fini.
Je reviens un peu en arrière par contre histoire de te jaser de mes lectures sans pour autant vous faire un bilan officiel. Car non pas de titres ni de chiffres totalisant ce que j'ai lu parce que je n'en finirais plus. Puis comme je n'ai pas tout chroniqué j'aurais crainte de me faire peur sirop de sirop. Cependant j'ai parcouru de sacrés bons romans, des essais, des nouvelles et autres genres qui m'ont laissé de beaux souvenirs livresques. Pour certains j'ai eu le plaisir de vous en parler mais pour d'autres j'ai souffert de négligence. Donc, si je n'ai qu'un seul souhait personnel à faire pour mon 2017 livresque, c'est celui de prendre le temps de chroniquer ces écrits qui m'ont fait vivre de beaux moments.

Finalement, je termine par ce tout petit mot qui s'adresse à chacun/chacune de vous. Pour vos petits coucous, vos suggestions  littéraires, vos romans, vos éditions, bref pour tout ce qui concerne notre passion commune merci d'être là tout simplement et que 2017 vous apporte non seulement paix, amour, santé et joie mais aussi de belles balades entre les lignes.